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Stress et équilibre hormonal : apprenez à calmer votre système nerveux

il y a 1 heure
5 min de lecture

Vous connaissez cette sensation d'avoir mille choses à faire, de courir après le temps et de ne jamais réussir à décrocher? Le stress fait partie de la vie. Il nous aide à réagir, à nous adapter et à relever des défis. Mais lorsque notre organisme demeure constamment en état d'alerte, cette réponse normalement protectrice peut devenir épuisante.


Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le stress n'est pas uniquement une expérience psychologique : c'est aussi une réponse hormonale, nerveuse et métabolique.


La bonne nouvelle? Nous possédons des mécanismes physiologiques capables de favoriser le retour au calme. Et certains peuvent être activés aussi simplement qu'en modifiant notre respiration.


1. Le stress : une réponse biologique essentielle


Lorsque notre cerveau perçoit une menace, qu'elle soit physique ou psychologique, deux grands systèmes entrent en action.

·         Le système nerveux sympathique prépare l'organisme à réagir rapidement. Il stimule notamment la libération d'adrénaline et de noradrénaline, ce qui accélère le rythme cardiaque et mobilise les réserves énergétiques.

 

·         L'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) intervient dans la réponse hormonale au stress. Son activation entraîne une cascade de signaux qui aboutit à la sécrétion de cortisol par les glandes surrénales. Le cortisol contribue à maintenir la disponibilité du glucose, à moduler l'inflammation et à adapter notre métabolisme aux exigences du moment.


Cette réponse est parfaitement normale. Le problème survient lorsque les situations stressantes se répètent sans périodes suffisantes de récupération.

Le neuroscientifique Bruce McEwen a popularisé le concept de charge allostatique pour décrire l'usure physiologique associée à une mobilisation prolongée des mécanismes d'adaptation (McEwen, 2007).


2. Quand le stress chronique perturbe l'équilibre hormonal


Une exposition prolongée au stress peut influencer plusieurs fonctions.


La glycémie et l'insuline

Le cortisol favorise la disponibilité du glucose afin de fournir de l'énergie à l'organisme. Lorsque les réponses au stress sont répétées, elles peuvent contribuer à des perturbations de la régulation glycémique, particulièrement en présence d'autres facteurs métaboliques.


Le sommeil

Un état d'hyperactivation peut rendre l'endormissement plus difficile, favoriser les réveils nocturnes et réduire la récupération. Nous avons vu au Jour 12 que le sommeil influence lui-même la régulation de l'insuline et du cortisol.


Les hormones sexuelles

L'axe du stress interagit avec les systèmes responsables de la reproduction. Un stress important ou prolongé peut notamment perturber les signaux hypothalamiques impliqués dans la fonction ovarienne et les cycles menstruels.


La digestion

Le système nerveux autonome influence la motilité intestinale, les sécrétions digestives et la sensibilité viscérale. Voilà pourquoi certaines personnes ressentent des ballonnements, des crampes ou une modification du transit durant les périodes de stress.


Un point important : le stress chronique ne signifie pas nécessairement que le cortisol est constamment élevé.


Une méta-analyse de Miller et al. (2007) a montré que les profils de cortisol varient selon la nature du stress, sa durée et les caractéristiques individuelles. Certaines situations s'accompagnent même d'une diminution de certaines réponses hormonales.

L'objectif n'est donc pas simplement de « faire baisser le cortisol », mais de favoriser une réponse au stress plus souple et une meilleure récupération.


3. Le nerf vague : une voie de communication entre le cerveau et le corps


Le nerf vague est le dixième nerf crânien.


Il constitue une voie majeure du système nerveux parasympathique et participe à la communication entre le cerveau et plusieurs organes, notamment le cœur, les poumons et le système digestif. Le système parasympathique contribue aux fonctions de repos, de récupération et de digestion.


Le nerf vague participe entre autres à :

  • La régulation de la fréquence cardiaque.

  • La communication entre le cerveau et l'intestin.

  • Certains réflexes digestifs.

  • La transmission d'informations provenant des organes internes.

  • La modulation de différentes réponses physiologiques au stress.


Son activité peut être étudiée indirectement à l'aide de certains paramètres de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC). La VFC décrit les variations de temps entre deux battements cardiaques successifs. Certaines de ses composantes reflètent la modulation parasympathique du cœur.


4. La respiration lente : un outil simple aux effets mesurables


La respiration est particulière : elle fonctionne automatiquement, mais nous pouvons également la modifier volontairement. En ralentissant notre rythme respiratoire, nous influençons les interactions entre la respiration, le cœur et le système nerveux autonome.


Une revue systématique de Zaccaro et al. (2018) a associé les techniques de respiration lente à des modifications de la régulation autonome et à des effets favorables sur certains paramètres psychophysiologiques.


Plus récemment, une méta-analyse de 223 études a observé une augmentation des indicateurs de VFC associés à l'activité vagale pendant la respiration lente, immédiatement après une séance et à la suite d'interventions répétées (Laborde et al., 2022).


Il s'agit d'une observation particulièrement intéressante : une intervention aussi accessible que la respiration volontaire peut produire des changements physiologiques mesurables.


5. Essayez la cohérence respiratoire


Une technique fréquemment utilisée consiste à respirer à un rythme d'environ six cycles par minute.


Voici comment procéder :

  1. Installez-vous confortablement, les épaules détendues.

  2. Inspirez doucement pendant 5 secondes.

  3. Expirez tranquillement pendant 5 secondes.

  4. Répétez pendant 5 minutes, sans forcer ni retenir votre souffle.


Ce rythme favorise les interactions entre les oscillations respiratoires et cardiovasculaires. Vous pouvez pratiquer le matin, pendant une pause ou après une journée exigeante. L'important n'est pas de réussir une performance respiratoire, mais de créer un moment où votre organisme peut ralentir.


6. D'autres façons de favoriser la récupération


La respiration n'est évidemment pas notre seul outil.


Plusieurs habitudes contribuent à mieux équilibrer les périodes d'activité et de récupération :

  • Marcher à l'extérieur, idéalement dans un environnement naturel.

  • Maintenir des horaires de sommeil réguliers.

  • Pratiquer une activité physique agréable.

  • Prévoir de véritables pauses entre les périodes de travail.

  • Entretenir des relations sociales nourrissantes.

  • Écouter de la musique, rire ou danser.

  • Apprendre à reconnaître les premiers signes de surcharge.


Il n'est pas toujours possible d'éliminer les sources de stress. Mais nous pouvons agir sur la façon dont notre organisme récupère après les avoir affrontées.


7. Votre défi du jour : cinq minutes pour votre système nerveux


Aujourd'hui, je vous invite à prendre cinq minutes pour pratiquer la respiration lente. Avant de commencer, observez votre état intérieur : votre niveau de tension, votre respiration, votre agitation mentale. Puis respirez doucement pendant cinq minutes, en visant environ cinq secondes à l'inspiration et cinq secondes à l'expiration. À la fin, observez de nouveau vos sensations.


Votre question de réflexion :

-          Comment mon corps se sent-il lorsque je lui accorde volontairement quelques minutes de calme?


Notez vos observations dans votre cahier d'accompagnement.


Conclusion : apprendre à récupérer est aussi important qu'apprendre à performer

Notre organisme possède une remarquable capacité d'adaptation. Mais cette capacité dépend aussi de notre aptitude à alterner entre mobilisation et récupération. Prendre soin de son système nerveux, c'est soutenir les mécanismes qui permettent à notre corps de retrouver son équilibre après les défis du quotidien.


Vous n'avez pas besoin de contrôler chaque événement de votre vie pour commencer à mieux réguler votre réponse au stress.


Parfois, tout commence par cinq minutes de respiration.


Chantal Ann Dumas, ND.A.

Naturopathe agréée | Santé fonctionnelle et intégrative


Références scientifiques


Laborde, S., Allen, M. S., Borges, U., Dosseville, F., Hosang, T. J., Iskra, M., Mosley, E., Salvotti, C., Spolverato, L., Zammit, N., & Javelle, F. (2022). Effects of voluntary slow breathing on heart rate and heart rate variability: A systematic review and a meta-analysis. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 138, 104711. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2022.104711

McEwen, B. S. (2007). Physiology and neurobiology of stress and adaptation: Central role of the brain. Physiological Reviews, 87(3), 873–904. https://doi.org/10.1152/physrev.00041.2006

Miller, G. E., Chen, E., & Zhou, E. S. (2007). If it goes up, must it come down? Chronic stress and the hypothalamic-pituitary-adrenocortical axis in humans. Psychological Bulletin, 133(1), 25–45. https://doi.org/10.1037/0033-2909.133.1.25

Zaccaro, A., Piarulli, A., Laurino, M., Garbella, E., Menicucci, D., Neri, B., & Gemignani, A. (2018). How breath-control can change your life: A systematic review on psycho-physiological correlates of slow breathing. Frontiers in Human Neuroscience, 12, 353. https://doi.org/10.3389/fnhum.2018.00353


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