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TDAH : et si le diagnostic n’était que le début?

il y a 3 heures
5 min de lecture

Au Québec, près d’un élève du secondaire sur quatre rapporte avoir reçu un diagnostic de TDA ou de TDAH. Environ 16 % prennent une médication prescrite pour ces symptômes — une proportion qui atteint 19 % chez les garçons (Institut de la statistique du Québec [ISQ], 2024).


Comment expliquer une telle augmentation?


Notre génétique n’a pas changé radicalement en une génération. Le TDAH possède une composante génétique et neurodéveloppementale bien réelle, mais les gènes ne s’expriment jamais dans le vide. Le cerveau se développe et fonctionne dans un environnement façonné par l’alimentation, le sommeil, le stress, le mouvement, le microbiote intestinal, le statut nutritionnel et l’exposition à certaines substances toxiques.


Le diagnostic décrit les manifestations observées : inattention, impulsivité, agitation, difficulté à s’organiser ou à réguler les émotions. Mais il ne nous dit pas nécessairement pourquoi cet enfant-là présente ces symptômes-là.


Un même diagnostic de TDAH, des terrains différents


Deux enfants peuvent recevoir le même diagnostic sans avoir les mêmes déséquilibres.

Chez l’un, les symptômes seront aggravés par un manque de sommeil. Chez l’autre, on découvrira une alimentation très riche en sucre et en aliments ultratransformés. Un troisième présentera des troubles digestifs, une carence en fer, un manque d’oméga-3 ou une exposition au plomb.


Bien souvent, plusieurs facteurs se superposent.


Le cerveau a besoin d’acides aminés, de fer, de zinc, de magnésium, de vitamines B et d’acides gras essentiels pour produire de l’énergie et fabriquer ses neurotransmetteurs. Une insuffisance nutritionnelle ne crée pas nécessairement un TDAH, mais elle peut en amplifier considérablement les manifestations.


Que mange le cerveau au déjeuner?


Le déjeuner typique composé de céréales colorées, d’un yogourt aromatisé et d’un jus d’orange peut facilement fournir autour de 60 grammes de glucides et près de 40 grammes de sucre, mais très peu de protéines et de fibres. Après la hausse rapide de la glycémie vient souvent la chute : fatigue, irritabilité, fringale, agitation ou difficulté à se concentrer.


Certains colorants synthétiques peuvent également accentuer l’hyperactivité et l’inattention chez les enfants sensibles. Une méta-analyse estime qu’environ 8 % des enfants présentant un TDAH pourraient voir leurs symptômes influencés par ces colorants (Nigg et al., 2012).


Chez ces enfants, retirer les colorants et stabiliser la glycémie ne règle peut-être pas tout, mais peut transformer une journée d’école.


Et si une partie de la réponse se trouvait dans l’intestin?


L’intestin et le cerveau communiquent continuellement par les voies nerveuses, immunitaires et métaboliques. Les recherches ont observé des différences dans le microbiote intestinal des personnes présentant un TDAH, même si les résultats varient et qu’aucune signature bactérienne unique n’a encore été identifiée (Gkougka et al., 2022). Chez un enfant qui présente aussi de la constipation, des diarrhées, des ballonnements, des douleurs abdominales, des intolérances alimentaires ou une longue histoire d’antibiotiques, cette piste mérite certainement d’être explorée.


Certains enfants réagissent également au gluten, aux produits laitiers ou à d’autres aliments. Dans l’étude INCA, une alimentation d’élimination très encadrée a produit une amélioration importante chez un sous-groupe d’enfants. La réintroduction des aliments permettait ensuite d’identifier ceux qui favorisaient le retour des symptômes (Pelsser et al., 2011).


L’objectif n’est pas de retirer tous les aliments au hasard. Il est d’identifier les déclencheurs propres à chaque enfant.


Les suppléments : encore faut-il cibler le bon besoin


Les oméga-3 figurent parmi les suppléments les plus étudiés dans le TDAH. Les recherches montrent un effet généralement modeste, mais réel chez certains enfants, particulièrement avec les formulations contenant suffisamment d’EPA (Bloch & Qawasmi, 2011). Mais l’huile de poisson n’est pas la réponse universelle...


Chez un enfant, le facteur dominant sera peut-être le magnésium. Chez un autre, le fer, le zinc, la vitamine D ou l’ensemble du statut nutritionnel. Des essais cliniques consacrés aux micronutriments à large spectre ont d’ailleurs obtenu des améliorations chez certains enfants, notamment sur la régulation émotionnelle et le fonctionnement général (Johnstone et al., 2022).


Donner le même supplément à tous les enfants parce qu’ils partagent un diagnostic revient à oublier leur individualité biologique.


Les métaux lourds peuvent-ils aussi jouer un rôle?


Nous savons, par exemple, que Le plomb est un neurotoxique reconnu. Une méta-analyse regroupant plus de 10 000 enfants et adolescents a observé une association entre l’exposition au plomb et les symptômes d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité (Goodlad et al., 2013).


Cela ne signifie pas que tous les enfants présentant un TDAH doivent entreprendre une « détox ». Il faut d’abord connaître leur histoire, rechercher les sources possibles d’exposition et choisir les analyses appropriées.


Regarder au-delà de l’étiquette


La médication peut améliorer rapidement l’attention et l’impulsivité. Elle ne corrige cependant pas automatiquement une glycémie instable, une carence en fer, un sommeil insuffisant, une dysbiose intestinale ou une exposition environnementale.


Le véritable enjeu n’est donc pas de choisir entre la médication et les solutions naturelles. Il est de comprendre quel enfant se trouve derrière le diagnostic.

  • Quels facteurs nourrissent ses symptômes?

  • Quelles analyses seraient réellement pertinentes?

  • Quels changements devraient être prioritaires?

  • Et comment éviter d’empiler les suppléments sans stratégie?


Il faut identifier ce qui se passe réellement chez cette personne et éviter de tomber dans les grandes généralités. Le cerveau fonctionne avec l'ensemble du corps et ne souffre définitivement pas de carence en Ritalin, en Concerta ou en Vivance. Remettons l'individu dans son contexte et rétablissons le bon fonctionnement de sa biochimie puis, le corps fabriquera naturellement ses neurotransmetteurs, dans les bons dosages.


C’est précisément ce que nous approfondirons dans la masterclass Solutions naturelles au TDAH, présentée en deux blocs de trois heures les 26 septembre et 3 octobre, de 9 h à 12 h. Nous explorerons les différents profils fonctionnels, l’alimentation, l’axe intestin-cerveau, les carences, les métaux lourds, les analyses pertinentes et les stratégies naturelles permettant de construire une intervention véritablement personnalisée.

N.B.: Les enregistrements seront disponibles pour les personnes qui ne peuvent pas assister en direct.


Inscription Solutions naturelles au TDAH https://attendee.gotowebinar.com/register/486436496782449496


Références

  • Bloch, M. H., & Qawasmi, A. (2011). Omega-3 fatty acid supplementation for the treatment of children with attention-deficit/hyperactivity disorder symptomatology: Systematic review and meta-analysis. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 50(10), 991–1000. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2011.06.008

  • Gkougka, D., et al. (2022). Gut microbiome and attention deficit/hyperactivity disorder: A systematic review. Pediatric Reports, 14(3), 337–347.

  • Goodlad, J. K., Marcus, D. K., & Fulton, J. J. (2013). Lead and attention-deficit/hyperactivity disorder symptoms: A meta-analysis. Clinical Psychology Review, 33(3), 417–425. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2013.01.009

  • Institut de la statistique du Québec. (2024). La santé mentale, le soutien social et les relations des jeunes du secondaire en 2022-2023. Gouvernement du Québec.

  • Johnstone, J. M., et al. (2022). Micronutrients for attention-deficit/hyperactivity disorder in youths: A placebo-controlled randomized clinical trial. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 61(5), 647–661. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2021.07.005

  • Nigg, J. T., Lewis, K., Edinger, T., & Falk, M. (2012). Meta-analysis of attention-deficit/hyperactivity disorder symptoms, restriction diet, and synthetic food color additives. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 51(1), 86–97.e8. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2011.10.015

  • Pelsser, L. M. J., et al. (2011). Effects of a restricted elimination diet on the behaviour of children with attention-deficit hyperactivity disorder: The INCA study. The Lancet, 377(9764), 494–503. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(10)62227-1

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