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Ingrédients non médicinaux : de l’assiette aux suppléments.

Ce que vous consommez sans le savoir… même dans les produits “ santé ”


Introduction


On associe souvent les ingrédients non médicinaux au monde pharmaceutique. Pourtant, ils sont omniprésents dans notre quotidien: dans les aliments transformés, les produits dits santé, et même dans les suppléments nutritionnels.


Ces substances, aussi appelées excipients, ne sont pas là pour nourrir l’organisme. Leur rôle est ailleurs: améliorer la texture, prolonger la conservation, stabiliser une formulation ou faciliter la fabrication industrielle.


Autrement dit, il s’agit de molécules fonctionnelles, et non nutritionnelles.


Individuellement, plusieurs de ces ingrédients sont considérés comme sécuritaires. Mais une question demeure largement sous-explorée: que se passe-t-il lorsqu’ils sont consommés quotidiennement, en combinaison, sur des années?


Une exposition cumulative plutôt qu’un risque isolé


L’enjeu n’est pas tant la toxicité aiguë d’un ingrédient spécifique. Il s’agit plutôt d’une exposition chronique à faible dose, dans un contexte où l’alimentation moderne repose largement sur des produits ultra-transformés.


Cette réalité soulève une hypothèse de plus en plus discutée en nutrition fonctionnelle: celle d’un impact sur le microbiote intestinal, la perméabilité digestive et certains mécanismes inflammatoires (Chassaing et al., 2015; Bhattacharyya et al., 2017).


Les ingrédients à surveiller… et leurs alternatives


  • Carraghénane


Utilisée comme agent épaississant, la carraghénane se retrouve fréquemment dans les laits végétaux, les yogourts sans lactose et divers produits transformés.


Certaines données expérimentales suggèrent une interaction avec la muqueuse intestinale et l’activation de voies pro-inflammatoires, notamment via NF-κB (Bhattacharyya et al., 2017). Bien que ces effets ne soient pas universels, ils peuvent devenir pertinents chez les individus présentant une sensibilité digestive.


👉 Alternative ; Privilégier des produits avec une liste d’ingrédients courte, idéalement composée de l’eau et de l’ingrédient principal. Une texture naturellement obtenue est souvent un indicateur de transformation minimale.


  • Polysorbate 80 et carboxyméthylcellulose


Ces émulsifiants sont largement utilisés pour améliorer la texture et la stabilité des aliments transformés, notamment les produits faibles en gras.


Des études chez l’animal ont démontré leur capacité à altérer la composition du microbiote intestinal et à affecter la couche de mucus protectrice (Chassaing et al., 2015). Ces modifications pourraient favoriser un terrain inflammatoire chez certains individus.


👉 Alternative : Opter pour des produits contenant des émulsifiants traditionnels comme le jaune d’œuf ou la moutarde, ou encore des aliments qui n’en nécessitent pas.


  • Lécithine


La lécithine (souvent de soja ou de tournesol) est un émulsifiant courant dans les barres protéinées, chocolats et boissons végétales.


Son métabolisme intestinal peut conduire à la production de TMAO (triméthylamine N-oxyde), un composé associé à des marqueurs de risque cardiométabolique dans certaines études (Wang et al., 2011). Le lien demeure exploratoire, mais mérite considération dans une approche globale.


👉 Alternative: Choisir des produits sans émulsifiants ajoutés ou contenant de la lécithine de tournesol, généralement perçue comme moins transformée que celle de soja.


  • Maltodextrine et sucres cachés


La maltodextrine est un glucide hautement transformé, à index glycémique élevé, présent dans de nombreux produits “énergétiques” et suppléments.


Elle entraîne une absorption rapide et une réponse insulinique marquée, pouvant contribuer à une instabilité glycémique lorsqu’elle est consommée fréquemment.


👉 Alternative: Rechercher des produits sans édulcorants ajoutés ou contenant des sources plus complètes de glucides, comme les fruits. L’enjeu n’est pas le sucre en soi, mais sa forme et sa fréquence de consommation.


Les excipients dans les suppléments: un angle souvent négligé


  • Stéarate de magnésium


Utilisé comme lubrifiant, il facilite la fabrication des capsules.


Bien qu’il soit considéré comme sécuritaire, certaines données suggèrent qu’il pourrait influencer la désintégration et donc la biodisponibilité de certains suppléments selon leur formulation (Shah et al., 2017).


👉 Alternative : Choisir des produits avec une liste minimale d’excipients, ou sous forme de poudres pures.


  • Dioxyde de silicium


Employé comme antiagglomérant, il empêche les poudres de s’agglomérer.

Il est généralement reconnu comme sécuritaire, bien que des questions persistent concernant certaines formes, notamment les nanoparticules (EFSA, 2018).


👉 Alternative : Privilégier des formulations liquides, ou des produits moins transformés.


  • Dioxyde de titane


Le dioxyde de titane (E171) est utilisé pour ses propriétés blanchissantes.


Il demeure autorisé au Canada, mais a été interdit dans l’Union européenne en 2022 par principe de précaution, notamment en raison d’incertitudes liées à son potentiel génotoxique.


👉 Alternative : Choisir des produits non blanchis, dont la couleur reflète davantage leur état naturel.


  • Protéines en poudre


Les protéines commerciales illustrent bien la transformation moderne des aliments.


Elles contiennent fréquemment:

  • Édulcorants

  • Gommes

  • Arômes

  • Émulsifiants

  • Saveurs

  • Sucres


Ces formulations peuvent entraîner des inconforts digestifs et influencer le microbiote, particulièrement en présence d’édulcorants non nutritifs (Sylvetsky et al., 2016).


👉 Alternative : Opter pour des protéines avec peu d’ingrédients, sans édulcorants artificiels, ou revenir à des sources simples comme le collagène ou des mélanges maison.


Comment faire des choix éclairés?


Plutôt que de chercher la perfection, il est souvent plus pertinent de viser un principe simple:

👉 choisir le produit le moins transformé possible dans sa catégorie.


Une lecture rapide de l’étiquette peut suffire:

  • Combien d’ingrédients?

  • Sont-ils compréhensibles?

  • Ont-ils une fonction nutritionnelle… ou technologique?


Conclusion


L’objectif n’est pas d’éliminer toute exposition — ce qui serait irréaliste — mais de réduire la charge globale.


Dans une approche clinique, cela revient à

  • Observer

  • Soutenir le terrain physiologique dans son processus de détoxification.


Car au-delà des ingrédients individuels, c’est bien la physiologie cumulative qui influence la santé à long terme. Rappellez-vous que c'est ce que l'on fait 80% du temps qui aura le plus d'impact, Cherchons l'équilibre et la variété tout en portant une attention aux ingrédients non-médicinaux, surtout dans nos aliments  “ santé ”.


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Références

  • Bhattacharyya, S., Shumard, T., Xie, H., et al. (2017).Carrageenan-induced inflammation in human intestinal epithelial cells. Journal of Inflammation Research, 10, 63–71.

  • Chassaing, B., Koren, O., Goodrich, J. K., et al. (2015).Dietary emulsifiers impact the mouse gut microbiota promoting colitis and metabolic syndrome. Nature, 519(7541), 92–96.

  • Wang, Z., Klipfell, E., Bennett, B. J., et al. (2011).Gut flora metabolism of phosphatidylcholine promotes cardiovascular disease. Nature, 472(7341), 57–63.

  • Shah, R. B., Tawakkul, M. A., & Khan, M. A. (2017).Comparative evaluation of flow for pharmaceutical powders and effects on tablet formulation. AAPS PharmSciTech, 18(8).

  • European Food Safety Authority (EFSA). (2018).Re-evaluation of silicon dioxide (E551) as a food additive.

  • Sylvetsky, A. C., et al. (2016).Low-calorie sweeteners and gut microbiota. Physiology & Behavior, 164, 463–467.


 
 
 

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