Fête des Mères et féminin sacré

La fête des mères est malheureusement devenue une autre activité de nature commerciale, mais elle était pourtant à l’origine une célébration de l’archétype du féminin sacré vénéré dans toutes les traditions du monde. En cette journée spéciale, penchons-nous sur le sens profond de cette fête et sur ce que cela signifie d’être mère en 2021.

ORIGINE DE LA FÊTE DES MÈRES


Les premières traces de célébration en l’honneur des mères remontent à la Grèce antique où des cérémonies printanières étaient dédiées à Rhéa, la mère de Zeus et des autres dieux. Du côté des Romains, des fêtes religieuses célébrant les Matronalia (matrones) ont lieu le 1ermars. On trouve des preuves archéologiques que ces cérémonies printanières ponctuées de rituels païens honorant la fertilité s’étendent à pratiquement toutes les cultures. La date de la fête des Mères varie d’un pays à l’autre, mais la majorité d’entre eux a choisi de la célébrer en mai. Dans leur syncrétisme religieux, les premiers chrétiens assimilaient souvent les célébrations païennes à leur nouvelle doctrine. C’est le cas par exemple de la célébration du 25 décembre correspondant à la grande fête du soleil invaincu (Sol Invictus) et du jour de naissance de la divinité solaire Mithra qui fut convertie en fête chrétienne commémorant la naissance de Jésus de Nazareth.1 Dans le cas des cultes de ces déesses païennes, il devint plus compliqué d’associer ces célébrations dédiées aux mères et à la fertilité à la Vierge Marie en raison des arguments théologiques entourant sa virginité.


Les païens qui dépendaient en grande partie des cycles naturels des saisons et des fruits de la Terre mère pour leur survie possédaient un respect profond envers le féminin sacré. En contraste, les chrétiens n’ont aucune place pour l’archétype de la déesse dans leur dogme central. Selon le mystère de l’Incarnation de la théologie chrétienne, Dieu s’est incarné en un homme, Jésus-Christ. C’est ainsi qu’on assista progressivement à la mise au rancart du féminin sacré au profit des valeurs patriarcales et misogynes qui dominent encore à ce jour…

Depuis l’instauration du Mother’s Day par les Américains en 1908, la célébration de la fertilité est devenue la fête des marchands et des restaurateurs. On estime en effet que les Canadiens dépensent en moyenne 492 millions de dollars à la fête des Mères, soit environ 50 $ par mère, et c’est la deuxième journée de l’année où l’on mange le plus au restaurant.2 Évidemment, ces statistiques datent d'avant Covid....

DES FLEURS ET DU CHOCOLAT ?


En dépit de ce que veulent nous faire croire les publicités, les mamans modernes n’entrent pas en pamoison devant notre éphémère bouquet ni notre calorique chocolat commercial. Selon un sondage, seulement environ 4 % d’entre elles apprécient les présents.3 Ce que 6 mères sur 10 souhaitent le plus, c’est plutôt de passer du temps en compagnie de leur famille immédiate.

LE TEMPS, CETTE DENRÉE RARE


Nous croyons que les temps ont bien changé depuis l’entrée massive des femmes sur le marché du travail et que la répartition des tâches est chose acquise, mais est-ce bien le cas ? Selon des statistiques canadiennes datant de 2010, les femmes passent près de 8 heures par jour en activités associées à leur emploi et 4 h 38 à effectuer des tâches non rémunérées telles que la cuisine, le ménage, etc.4 De plus, elles s’occupent des enfants entre trois et cinq heures par jour, en fonction du groupe d’âge auquel ils appartiennent. En comparaison, les hommes passent sensiblement le même temps au travail, mais dédient 1 h 15 de moins quotidiennement aux tâches non rémunérées et la moitié moins de temps à s’occuper des enfants.


Bref, en tentant tant bien que mal de conjuguer nos aspirations professionnelles et notre vie familiale, nous en faisons toujours plus et ce, au détriment du temps qui devrait être consacré au repos et à la méditation, à l’activité physique, à notre vie sociale, et surtout, à nous-mêmes. N’est-il pas bouleversant d’apprendre qu’en dépit d’années de luttes sociales, les mères d’aujourd’hui avouent ne disposer en moyenne que de 17 minutes par jour pour elles-mêmes?5

LES DÉESSES MODERNES SONT À BOUT DE SOUFFLE


Même si l’espérance de vie moyenne des Canadiennes est de 83 ans,6 je constate quotidiennement que nous sommes loin de jouir d’un état de santé optimal. Malgré l’avancement phénoménal des technologies, de la médecine et des progrès sociaux, la plupart d’entre nous sont en mode survie : nous souffrons d’épuisement, de dépression ou d’anxiété, de déséquilibres hormonaux, de troubles thyroïdiens, de maladies auto-immunes et de cancers de plus en plus souvent et de plus en plus tôt. Selon le dernier sondage Gallup, seulement 5 % d’entre nous qualifions notre état de bien-être global comme satisfaisant.7


Que nous arrive-t-il donc ? Se pourrait-il que la mise au rancart des déesses de la fertilité et du féminin sacré se répercute jusque dans nos foyers et notre vie quotidienne ? Notre mode de vie effréné résultant de la course au capitalisme et sa petite sœur la sacro-sainte productivité, l’éclatement des familles et la monoparentalité, l’augmentation du taux d’autisme et nos parents vieillissants, voilà autant de facteurs qui créent une surcharge de travail disproportionnelle pour les femmes. S’ajoutent à cela les standards de beauté irréalistes auxquels nous sommes soumises via les médias et le manque de valorisation des étapes de vie de la femme, incluant le passage vers la sagesse de la ménopause.

DOMINATION DU TEMPLE SACRÉ


Même nos cycles reproducteurs et nos grossesses sont perçus comme des entraves à notre productivité qu’on doit médicaliser ! Certaines planifient même leurs accouchements ou leurs césariennes durant leurs vacances afin de ne pas nuire à leur emploi ! Au Québec, 25 % des naissances ont lieu par césarienne.8 Or, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un taux de césarienne supérieur à 15 % est jugé abusif et serait susceptible d’entraîner plus de conséquences négatives que positives si l’on tient compte des risques associés à la chirurgie.

Afin d’arriver à faire face à toutes les exigences associées à notre rôle de bonne mère, on se gave aussi de « pilules magiques » prescrites par des experts et visant à masquer les symptômes dérangeants mis en œuvre par notre corps bafoué qui tente tant bien que mal d’attirer notre attention et de nous extirper de notre état général d’anesthésie émotionnelle. Près de 14% des Québécoises consomment des antidépresseurs,9 et plus d’un tiers ont recours à l’hormonothérapie de synthèse.10 Même si ces médicaments sont dans certains cas indispensables, ils pourraient dans beaucoup d’autres être avantageusement remplacés par des solutions naturelles efficaces et sécuritaires. Ces prescriptions sont loin d’être anodines, car en plus du fardeau économique et social qu’elles génèrent en coûts directs et ceux découlant des effets secondaires associés, il faut penser à celui beaucoup plus sournois qu’elles infligent à la femme qui les consomme…


Alors que nous sommes de plus en plus coupées de nos valeurs féminines telles que notre intuition, notre sensibilité et notre créativité, notre corps devient une « machine » dont on doit se méfier, voire l’ennemi à combattre afin de se soumettre aux diktats de la mode du jour qui démonisent la diversité des formes, des teintes de peau et le processus normal du vieillissement.


Le corps jadis vénéré de nos déesses porteuses de vie est désormais devenu la vache à lait de l’industrie pharmaceutique, engraissant au passage les industries de la mode et de la pornographie !


Dans ce processus infernal, on a malheureusement oublié que le corps constitue le temple sacré de notre âme. Cette coupure abyssale du féminin sacré se manifeste aussi dans de terrifiantes statistiques relativement aux actes de violence prodigués envers les mères, et que dire de notre indifférence collective face aux dommages infligés à notre mère originelle, la Terre mère ?

GUÉRIR LE FÉMININ SACRÉ


Les femmes souffrent, et quand nous souffrons, les enfants, les hommes et toute la société souffrent aussi. La maladie résulte de cette souffrance profonde, de cette fracture entre notre âme et notre personnalité. Il est grand temps de changer cet état de fait et de restaurer l’équilibre des polarités dans notre société afin que chaque femme puisse guérir sa partie souffrante et en retour, offrir le meilleur d’elle-même au monde.


Les praticiens des approches complémentaires en santé tels que les naturopathes peuvent s’avérer de précieux alliés dans cette démarche, car nous préconisons une approche vraiment holistique de la santé reposant sur quatre piliers fondamentaux – l’alimentation, l’activité physique, la santé émotionnelle et l’environnement – et respectueuse des valeurs propres au féminin sacré. Nous aidons les femmes à se reconnecter à leur ressenti en le valorisant, et nous leur redonnons leur pouvoir en les responsabilisant pour leur santé et en les considérant comme des partenaires à part entière dans leur processus de guérison. Nous leur offrons des alternatives naturelles et des solutions à plusieurs de leurs symptômes, et nous leur permettons de faire des choix éclairés par rapport à de nombreuses pratiques conventionnelles en matière de contraception, de périnatalité, d’examens diagnostiques, etc.

MON SOUHAIT DE FÊTE DES MÈRES


Ce que je nous souhaite en ce jour sacré consacré à la célébration de l’abondance féminine, c’est de nous reconnecter à cet archétype maternel commun que nous partageons toutes – que nous ayons enfanté ou non. Choisissons de remplacer la compétition par la collaboration, refusons d’adhérer aux pratiques qui bafouent notre corps et nos valeurs de mères! Partageons nos expériences et pratiquons l’ouverture, le non-jugement et l’Amour inconditionnel. C’est cette vibration d’amour qui agit comme un diapason et qui nous permet de nous réaccorder à cette haute fréquence universelle qui sous-tend toute vie.

RÉFÉRENCES

  1. Le culte de Sol Invictus. http://www.cndp.fr/archive-musagora/merveilles/merveillesfr/colosse/sol.htm

  2. http://www.cbc.ca/news/business/mothers-day-by-the- numbers-1.3568796

  3. Mother’s Day commercialization by the numbers. http://www.cbc.ca/news/business/mothers-day-by-the- numbers-1.3568796

  4. http://www.statcan.gc.ca/pub/89-647-x/2011001/hl-fs- eng.htm

  5. http://www.dailymail.co.uk/femail/article-2552188/The-average-mother-gets-just-17-minutes-time-day.html

  6. http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum- som/l01/cst01/health26-eng.htm

  7. http://www.oprah.com/spirit/Total-Well-Being-Defined- by-Deepak-Chopra-Video_1

  8. http://www.canalvie.com/famille/grossesse/articles- grossesse/pratique-t-on-trop-de-cesariennes-de-nos- jours-1.1344185

  9. http://www.statcan.gc.ca/pub/82-003-x/2014006/arti- cle/14032-eng.htm

  10. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/hor- monotherapie/ths.html

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